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L’impasse dans le ciel

L’impasse dans le ciel

Lotissement vertical - Projet théorique - 2016


« L’impasse dans le ciel » est un projet de petit lotissement verticalisé, superposant quatre maisons en duplex avec jardin, mutualisant le rez-de-chaussée pour le stationnement, et le toit comme espace de vie commun.
Dessiné en réaction au développement pavillonnaire, le projet se veut être un intermédiaire pragmatique entre une ville hyper dense non désirée, et une urbanisation diffuse aussi socialement clivante qu’écologiquement inacceptable.

Caractéristiques rêvées de la vie pavillonnaire ciblées par le projet

  • Jardin privatif : agrément visuel et ressourcement
  • «Faire le tour de la maison» + pas de mitoyenneté
  • Volume habitable conséquent, intérieur comme extérieur
  • La rue résidentielle comme espace de jeu commun pour les enfants du voisinage, sécurisant pour les parents

Étalement urbain et fragmentation socio-spatiale : problématiques issues de la répétition du modèle

  • Une consommation déraisonnable de foncier, au détriment des espaces naturels et des terres agricoles
  • Des infrastuctures coûteuses pour les collectivités
  • Des entités homogènes fermées sur elles-mêmes, nuisant à la diversité sociale et à la continuité de l’espace public.

Base de référence : petit lotissement de 4 parcelles autour d’une impasse

  • L’impasse comme espace collectif appropriable, à distance de l’espace public
  • L’impasse comme matérialisation de la quête de l’entre-soi dans l’espace résidentiel : une communauté «fermée» socialement homogène réunie autour d’une rue quasi-privée puisque sans débouché.

Projet : verticalisation pour gain de place et désenclavement

  • Superposition de 4 «parcelles» le long d’une «rue verticale»
  • Stationnement mutualisé en RDC, mutable en local d’activités
  • «L’ impasse dans le ciel » : un espace commun aérien et poétique, mis à distance verticalement de la rue
Pour un architecte, verticaliser un lotissement en impasse, c’est reconnaître l’existence de cette forme urbaine et accepter ses raisons d’être, pour tenter de mieux l’intégrer dans la ville. C’est affronter sans œillère les phénomènes d’entre-soi pour espérer les encadrer, leur donner une forme viable, urbainement plus acceptable que ce qui se produit déjà, de toute façon, mais sans lui.
Pour un architecte, verticaliser un lotissement en impasse, c’est reconnaître l’existence de cette forme urbaine et accepter ses raisons d’être, pour tenter de mieux l’intégrer dans la ville. C’est affronter sans œillère les phénomènes d’entre-soi pour espérer les encadrer, leur donner une forme viable, urbainement plus acceptable que ce qui se produit déjà, de toute façon, mais sans lui.
Le projet s’attache à sortir des codes du logement collectif pour donner envie d’y revenir à toute une part de la population l’ayant rejeté. Il évite soigneusement l’écriture de l’entassement, la triste banalité du copier-coller, et la claustrophobie rédhibitoire de l’habitant face aux éternels 2,50m sous plafond.
Ici, plus qu’un empilement de strates horizontales, le projet se présente comme un grand escalier, alternance de pleins et de vides balancés de part et d’autre d’un tronc unificateur. Au sommet, « l’impasse dans le ciel », espace commun aérien et poétique, dont les usages seront précisés avec les habitants.
Se refusant à faire du pastiche de maison traditionnelle, le projet se nourrit plus de la richesse des situations proposées par le pavillonnaire, que de la pauvreté de ses formes et matériaux. Ainsi chaque logement bénéficie-t-il d’un jardin en double hauteur, complété d’une terrasse s’enroulant autour du volume central de l’habitation, comme pour décrire méthodiquement ce petit univers riche en recoins et relations visuelles, réinterprétation condensée du fameux fantasme : « tourner autour de la maison ».
L’escalier monumental dessinant la façade est composé de « pots d’arbres », masses abstraites striées, habitées de séjour au volume confortable d’une hauteur et demie, le dernier demi-niveau accueillant l’épaisseur de terre nécessaire au développement de l’arbre du voisin du dessus. Ces « pots » sont enveloppés de lames de section ondulante qui assurent une fonction de protection solaire, notamment au droit du mur capteur chauffant les pièces à vivre.
L’organisation interne des logements se veut assez classique, proche de l’image collective de ce que peut être une maison. Principalement destinés aux familles emménageant dans le périurbain, la séparation des chambres leur confère néanmoins une certaine polyvalence.
Au rez-de-chaussée, la cuisine et le séjour, et la chambre « parentale ». A l’étage, deux autres chambres, dont une prolongée d’un balcon surplombant le jardin. Une pièce supplémentaire est dédiée au rangement, c’est le « grenier » de la maison, généralement absent, hélas, dans le logement collectif.