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Skater’s house

Skater's House

La maison de ville | Projet théorique 2016


La « skaters’ house » est une maison de ville théorique dotée d’un contexte réel : une colocation montpelliéraine pour trois (votre narrateur compris), de 2012 à 2015. Principalement orienté au Nord sur une étroite ruelle, le bâtiment présentait des contraintes de vis-à-vis et de manque de luminosité importantes. Le projet tente de résoudre ces problématiques tout en proposant une réflexion sur les gradations public/privé et la place des espaces extérieurs dans un contexte urbain historique dense.
A ce titre, il rend hommage à Bernard Kohn, architecte du Tribunal de Grande Instance voisin, et à ses patios semi-circulaires accolés à la rue. Appliqué au logement, ce dispositif apporte un recul et un gain de luminosité appréciables dans le tissu exigu d’un centre ancien. Il génère aussi un accident dans la continuité des façades, une respiration dans un quartier résidentiel marqué par le repli des résidents au sein de cours intérieures imperceptibles depuis la rue.
Un vide semi-cylindrique vient donc creuser le bâtiment et accueillir une terrasse plantée d’un arbre. Une rampe de skate s’adosse à la façade sur rue, laquelle se découpe d’un arc-de-cercle pour en décrire la silhouette. Le vide de ce semi-patio prend alors une dimension doublement concave, en parfaite adéquation avec l’expression d’intériorité recherchée. Deux accès sont disposés de part et d’autre de la terrasse : d’un côté un garage donnant sur un espace dédié au télétravail, et de l’autre la cuisine puis le séjour. Les chambres, elles, se répartissent à l’étage. Leurs placards sont disposés le long de la façade extérieure pour mettre à distance la rue, et éviter ainsi un rapport trop brutal à la ville.
Ces chambres sont desservies par une mezzanine serpentant au dessus du salon et du patio. L’espace glisse le long de courbes et contrecourbes, la maison toute entière semble se lover autour de son vide central.
Le traitement des parois extérieures renvoie lui à la minéralité, la robustesse et l’image de muraille protectrice des constructions avoisinantes. Les percements refusent néanmoins de se réduire à des trous dans les murs, la matière se plie ou s’étire comme pour prolonger la fluidité des espaces intérieurs sur la façade.